les Abattoirs, Musée - Frac Occitanie Toulouse

Mezzanine Sud

Prix des Amis des Abattoirs
Du 22 novembre 2019 au 16 février 2020
 
les Abattoirs
Marion Mounic, "Open", 2018, boîtier d’enseigne lumineuse, néon flexible sur batterie, machine à brouillard, © Marion Mounic ; photo : Cyril Boixel

Mezzanine Sud - Prix des amis des Abattoirs accompagne et met en avant des artistes émergents de l'art contemporain en lien avec l'Occitanie. Les lauréats bénéficient d'une exposition et d'une aide à la production. Charlie Aubry, le Collectif PFFF et Marion Mounic sont les artistes retenus de cette édition 2019.

En 2019, le prix Mezzanine Sud change de nom et devient Mezzanine Sud – Prix des Amis des Abattoirs, en remerciement de l'engagement de la société des Amis pour le soutien de la création artistique régionale.

Les lauréats de l'édition 2019 :

Chacun dans leur style, les artistes retenus proposent des œuvres fortes qui s'inscrivent dans une réflexion et une interprétation de notre contemporanéité.

Charlie Aubry

Charlie Aubry (né en 1990 à Lillebonne,76) est un artiste qui bricole des machines, principalement sonores, avec des pièces de récupération dont leur usage premier est détourné. Ses réalisations n'ont pas d'autres but que ce pour quoi elles ont été créées : l'autonomie.
En 2016, à Oullins dans la banlieue Lyonnaise, il fonde le BLVU avec Louise Mariotte, un espace qui a pour vocation la fabrication, la conception, et la présentation de créations contemporaines. Cet espace se veut être un lieu de réflexion commune et d’expérimentation où s’entrecroisent art contemporain, design, graphisme, performance, musique et écriture. Il est autant un laboratoire d’idées qu’un espace dédié à la création, qui accueille des artistes sous forme de résidences.
Entre les mains de Charlie Aubry, les machines n’ont d’autres déterminations que celle pour lesquelles elles sont programmées et assemblées.
Pour sa réalisation aux Abattoirs, il décide de mettre en place des dispositifs intrusifs. Il fait appel à un expert en intelligence artificielle, Jean Charles Risch, pour comprendre les mécanismes de ces systèmes d'analyse perpétuelle, qui collectent en permanance des informations sur nous. De là sont nées cette installation et cette intelligence artificielle capablent d'analyser le spectateur, de déduire son âge, son genre et d'autres critères, et qui génèrent du contenu internet susceptible d'intéresser le visiteur sans que celui-ci ne l'ait sollicité.
L'œuvre est une sorte de représentation condensée de ce que nous vivons au quotidien. Sans même nous en rendre compte nous sommes assommés de contenus et d'informations qui viennent influencer nos comportements et nos desirs.

Le collectif PFFF

Le Collectif PFFF (fondé en 2015) est un groupe d'artistes femmes toulousain composé de Charlotte Castellat, Nadège Rossato, Mélanie Rochis, Louise Tardif et Fanny Violeau.
Artistes pluridisciplinaires (musique, danse, théâtre, littérature, art plastique, photographie), leurs installations proposent des formes visuelles, sonores, plastiques, ludiques, interactives, et aussi des performances en direct. Elles sont le fruit d'un travail collectif, non-hiérarchique, qui se situe entre l’engagement politique, une certaine philosophie de vie et la production artistique.
Aujourd'hui, leur travail de recherche artistique autour de la vaste question "femme(s)" offre une nouvelle occasion aux visiteurs·es d’entrer en réflexion sur cet enjeu majeur du XXIe siècle et qui vient poursuivre une lutte entamée il y a bien longtemps.
Pour les Abattoirs, le collectif PFFF propose un parcours allant de l’intériorité, de l’intimité, du caché, du non-dit vers l’émancipation, le "dit au grand jour", l’humour, le rapport choisi entre nature et culture.
Ainsi les visiteur·es déambule dans différents types d’espaces, allant de couloirs noirs, failles en périphérie dans lesquelles il est proposé de plonger, à un vaste espace ouvert, interactif, circulant, partagé.
Développer, sans l’expliciter, ces couloirs noirs, ces failles, résidus de labyrinthe, sous-tend une réflexion sur le monstre pulsionnel caché au fond de nos comportements, sur la complexité du parcours à mener pour sortir de nos conditionnements, sur le fil à suivre pour tendre vers une libération, fil qui ne peut être qu’à l’origine des femmes elles-mêmes, bien que le sujet appartienne à tous.

Téléchargez le programme des temps forts du collectif PFFF

Marion Mounic

Marion Mounic (1992) travaille l’espace, la lumière, le temps et la mémoire. Ses installations jouent de la perception et proposent des expériences sensorielles inédites, modifiant ainsi la vision des choses et leurs usages. L'artiste nous invite à apprendre à regarder même quand la vue est absente.
Elle expérimente diverses modalités plastiques propres à déstabiliser les habitudes perceptives, fluidifier ou densifier la perception grâce à la lumière et/ou au brouillard artificiel. Son travail agit dans la perspective d’attirer le regard et de donner à voir une vision altérée. À l’inverse d’une situation où la perte de repère devient totale, elle tente par l’utilisation de matériaux et d’artifices de plonger le spectateur dans
un espace imaginaire qui s’ancre toutefois dans la réalité. L'artiste propose un monde alternatif où le spectateur est confronté à la perception d’un phénomène difficilement saisissable. Une expérience visuelle à la limite de la vision claire et maîtrisée pouvant entraîner une perte de contrôle des sens.
Plusieurs œuvres reposent sur une volonté de traduire les défauts de vision de sa mère dus à la maladie de Stargardt, une maladie héréditaire qui trouble la vision centrale, sans pour autant en perturber la vision périphérique.
Marion Mounic recherche les sources de cette mémoire, la sienne, celle de sa famille et par extension des nôtres. Ses oeuvres manifestent autant une mélancolie de l’impuissance vis-à-vis d’une disparition inéluctable, qu’un élan vital, un empressement poétique s’attachant à retenir tout ce qui s’enfuit.
 


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